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Grande-Bretagne : concurrence acharnée dans l’empire du jeu

Bingos, casinos, paris, l’industrie du jeu représente un chiffre d’affaires de 115 milliards d’euros outre-Manche, pays le plus avancé sur la route de la libéralisation.

Des boutiques de paris à chaque coin de rue. Des panneaux publicitaires partout vantant les mérites du poker en ligne. Difficile outre-Manche d’échapper à l’empire du jeu. Avec plus de 2.500 opérateurs licenciés de casinos, bookmakers et autres bingos pour un chiffre d’affaires estimé à 91 milliards de livres en 2006 (115 milliards d’euros), le Royaume-Uni constitue sans conteste le marché le plus avancé en Europe. Mais le secteur reste sous haute surveillance. Tout un symbole, l’une des premières décisions de Gordon Brown, le fils de pasteur presbytérien devenu Premier ministre en juin dernier, avait été de suspendre le projet d’ouverture d’un casino géant à Manchester…

« Big bang »
L’industrie a connu son « big bang » au 1er septembre dernier, avec l’entrée en vigueur d’une nouvelle législation, plus souple, notamment en matière de publicité, en échange de l’adhésion à un code de conduite. Un superviseur, la Gambling Commission, est chargé de « lutter contre les fraudes, de s’assurer que les jeux sont ouverts et justes, et de protéger les enfants et les personnes vulnérables ». Les exploitants de machines à sous ou autres paris sur Internet ou par téléphone doivent obtenir auprès de l’autorité de Birmingham des licences d’exploitation mais également des licences individuelles pour leurs principaux managers.

Une licence pour les jeux à distance a également été créée, mais elle ne concerne que les opérateurs en ligne implantés sur le sol britannique. Pour les autres, une « liste blanche » restreint la possibilité de faire de la publicité en Grande-Bretagne aux opérateurs domiciliés dans l’Union européenne, Gibraltar, Alderney, l’île de Man et la Tasmanie. Le Gambling Act 2005 visait en partie à attirer au pays de Sa Majesté les spécialistes de l’Internet réfugiés dans les paradis fiscaux - Partygaming et 888 à Gibraltar, Sportinget à Alderney -, mais l’augmentation des taxes l’an dernier aura sans doute calmé toute velléité de déménagement…

Ces firmes Internet bousculent les rentes des bookmakers traditionnels ayant pignon sur rue, William Hill et autres Ladbrokes, et des Gala Leisure et Mecca, les rois du bingo. La compétition est d’autant plus féroce outre-Manche que les opérateurs sur Internet cherchent à se refaire : ils ont perdu plus de la moitié de leurs revenus, à la suite de la fermeture du marché américain en 2006. Dans le même temps, les bookmakers ambitionnent un développement en ligne. William Hill projette ainsi le lancement d’une nouvelle plate-forme baptisée « Orbis », fin novembre, après avoir échoué à développer une technologie en interne. Le groupe aimerait bien racheter des franchises existantes, mais il a buté, jusqu’ici, sur « l’ego » des propriétaires, comme l’avoue un de ses dirigeants. Rien ne va plus…

Source: Isabelle Chaperon pour LesEchos.fr


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